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février 2008 Archives

février 6, 2008

PRIX HSBC 2008 Les lauréats sont…

La fondation HSBC pour la photographie qui s’engage depuis 1996 à soutenir l’œuvre de deux photographes a décidé de récompenser cette année Aurore VALADE et Guillaume Lemarchal.

La Fondation a reçu cette année 651 dossiers avec une participation française majoritaire, comme dans les compétitions antérieures, mais le nombre de dossiers en provenance de l’étranger a doublé et représente désormais 20% de l’ensemble.

Comme chaque année, la Fondation soutiendra le travail de ses lauréats en co-éditant avec les éditions Actes Sud leur premier ouvrage monographique et en organisant 4 expositions de leurs oeuvres en France et à l’étranger.
Chantal Grande (conseiller artistique 2008 de la Fondation HSBC pour la Photographie ) a expliqué son choix : «J’ai essayé d’offrir un éventail des différentes pratiques photographiques contemporaines, préférant opter pour une diversification des approches et des genres tout en privilégiant des projets conceptuellement forts, qu’ils investissent les secteurs du réel, du social ou du banal».

Aurore Valade conçoit des images où elle joue avec l’iconographie de la scénographie. Elle photographie des personnes qui interprètent leur propre rôle, dans leur intérieur. Dans ces mises en scène très élaborées affleurent souvent les clichés,
reflets significatifs d’une situation sociale, économique ou culturelle de notre
époque mais aussi certaines valeurs qui questionnent les limites du privé. Cette scénographie confuse et chaotique a pour objectif la subversion de l’inconscient du spectateur. L’acte photographique est conçu comme une véritable performance qui réclame du temps : la rencontre, la mise en scène et la prise de vue. Les différents
mondes reconstruits nous parlent de la relation entre une forme de vie rêvée et une réalité qui souhaite échapper aux contraintes de la quotidienneté ou de la médiocrité. Tout en nous dévoilant l’aspect intime d’histoires crédibles mais peu vraisemblables, Aurore Valade exprime sa confiance en l’inévitable tyrannie de la vie. Un discours toujours cohérent avec ses intentions. © Texte Chantal Grande, conseiller artistique 2008 de la Fondation HSBC pour la Photographie


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© Aurore VALADE


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© Aurore VALADE

Equilibre et paix pourraient être les sentiments évoqués pour parler de paysage.Rien n’est moins vrai dans l’œuvre de Lemarchal qui a parcouru la côte Atlantique, l’Allemagne du Nord et l’Estonie à la recherche de leur histoire, de leurs blessures. Son travail se fonde sur des mémoires individuelles et collectives, des zones
marquées par l’occupation, la destruction et l’abandon. Ses photographies froides et
silencieuses, d’une totale majesté, parlent des marques qui visualisent le temps,
c’est-à-dire de la forme que le temps confère aux ruines causées par l’homme, une tentative d’exhumer l’âme des lieux. La solidarité du photographe avec le milieu
naturel se concrétise comme une proposition de réflexion sur l’intervention humaine et ses activités industrielles dans la nature irrémédiablement bafouée. Ce travail photographique, destiné à responsabiliser la communauté face à la dégradation de son environnement, explore opportunément la question de notre présence dans le monde. “Tous ces lieux deviennent pour moi de vastes champs de batailles, où passé, présent et imaginaire se tissent en miroir d’une humanité”. © Texte Chantal Grande, conseiller artistique 2008 de la Fondation HSBC pour la photographie.


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© Guillaume LEMARCHAL


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© Guillaume LEMARCHAL

Parmi les 651 dossiers reçus, les 8 autres nominés sont :

Rivka Amoyelle
Véronique Besnard
Jean-Francois Fourmond
Ronan Guillou
Fred Lebain
Diana Lui
Olivier Nord
Patrick Smith

Pour plus d'infos sur les nominés, cliquez ici


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© Rivka Amoyelle


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© Véronique Besnard.


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© Jean-Francois Fourmond


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© Ronan Guillou


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© Fred Lebain


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© Diana Lui


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© Olivier Nord


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© Patrick Smith

My week: Martin Parr, photographer

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Telegraph
Last Updated: 12:01am GMT 26/01/2008

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Monday
I flew up to the Baltic Centre for Contemporary Art in Gateshead to do the last bit of filming for Picture This, a Channel 4 series about six young photographers competing for the chance to mount a solo exhibition (I was one of three judges). The winner was Elizabeth Gordon, a former alcoholic who made a set of photographs re-enacting her days as a drinker. They're a good example of what photography can do well: she shows great vulnerability, and that's very engaging. I chatted to her about hanging her show at the top of Baltic and then caught a train to London, where I crashed in my office in Clerkenwell (I've got a bed there).

Tuesday
In the morning I travelled to King's Lynn to give a lecture about my work at the College of West Anglia. I've been a photographer now for more than 35 years. I used to teach photography as a living, and I like giving lectures - I can give them standing on my head with my eyes shut if I have to. Then I went back on the train to King's Cross and met a young Italian photographer called Mimi who took part in a workshop organised by the photo agency Magnum last October. He's a very strong character who calls me "Mr Martin". He's been doing some great work in Dakar, Senegal. I like to keep in touch with younger photo-graphers. It's important that a younger generation comes up and questions the assumptions made by old farts like me.

Wednesday
Up early for an 8am meeting at my studio with a representative from Magnum. I'm the vice-president of Magnum's London office, so I spend a lot of time dealing with agency issues. Afterwards I visited two London framing companies with a box of prints that need to be framed for my exhibition Parrworld, which I'm doing in the Haus der Kunst in Munich in May. In the evening, I saw 4 Months, 3 Weeks, 2 Days, a Romanian film about a clandestine abortion in a hotel at the end of Ceausescu's rule. It's one of the best films I've seen in a long time. It's quite depressing, but I only really like depressing films because I only want to watch films about real life. The trouble with Hollywood films is that they always have a pleasant ending.

Thursday
I flew to Munich to go through final details for Parrworld. The show will be similar in size to my retrospective at the Barbican in 2002: there will be about 160 pictures plus 500 objects and books and another 300 or so postcards. My profile is bigger in Europe than it is in the UK. The status of photography in this country is still low, although it's improving. Over lunch, I saw the news about the BA jet that had made a crash landing at Heathrow. My early evening flight home was cancelled, but luckily I managed to get on the last plane going to Heathrow.

Friday
I caught the train home to Bristol where I live with my wife Susie, who works for the charity Connect, which supports people with aphasia. I hadn't been home for four days, but that's normal for me - although this week I didn't take any pictures. (I don't carry a camera with me unless I'm shooting.) I spent the day catching up on emails and planning my trip to Brazil and Mexico in February to finish off a photographic project about the beaches of South America. Susie was away in Dublin and didn't come home until 10.30pm, so I had the house to myself. I made myself an omelette with some broccoli, and then switched on the TV.

'Picture This' is at Baltic, Gateshead (0191 478 1810), until Feb 10.
Interview by Alastair Sooke

février 12, 2008

Les Nominés du prix HSBC

RIVKA AMOYELLE «Group collection 2004-2006»

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Elle est née en 1979 et vit à Paris où elle poursuit ses études. Fascinée par les corps elle s’intéresse aux groupes qu’elle met en scène, en privilégiant les détails, la lumière, mais aussi la formation du groupe, façonné par ses soins.”La mise en scène photographique m’a permis d’accéder au regroupement et de découvrir l’expérience, à chaque fois inouïe, d’assister à la réalisation formelle du groupe”. Les références à l’histoire de l’art sont également une constante dans la composition de ces images. En mélangeant les codes des différents genres représentés, Amoyelle énonce la complexité de l’individu dans une société changeante et ses catégorisations symboliques. Ses photographies parlent de la fragilité de la communication et de la distance qui nous sépare. Ce travail témoigne de la fascination réciproque du photographe et de ses modèles, une coopération consciente où se glissent des questions de classe, abordant nos peurs et jouant avec les codes de conduite préétablis.
La série 2004-2006 continue de s’agrandir avec des portraits de groupe réalisés à Paris, Dakar et Saint. Pétersbourg.

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VERONIQUE BESNARD « Respiration muette »

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“Respiration muette” est le titre de la série de photographies réalisées entre janvier et juin 2007 à Brighton, en Angleterre. C’est le fruit de rencontres avec des réfugiés et des demandeurs d’asile, des hommes et des femmes venant dans leur majorité d’Afrique et du Moyen-Orient. Véronique Besnard entretient avec eux une relation sensible à leurs préoccupations personnelles autant qu’aux événements marquants de leur vie. Ces photographies témoignent de son intérêt pour l’individu, s’intéressant particulièrement aux questions de dignité, déracinement et solitude. Des portraits qui apprivoisent leur personnalité fragilisée, mais aussi quelques paysages monotones, contraste saisissant avec leur origine exotique, ou des scènes d’intérieurs qui nous découvrent leurs modestes trésors, mémoire d’un ailleurs et vestiges d’une vie où tout était encore possible. “Avant d’arriver, ils savaient l’impossibilité de l’échec. En atteignant l’autre rive, ils prennent conscience d’une autre limite : l’impossibilité d’aller plus loin”. Véronique Besnard pose un regard discret sur la fragilité de l’être déraciné mais pas encore vaincu.

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Jean-Francois Fourmond « Résidents »

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Jamais la vieillesse n’a été aussi peu attirante qu’au moment où on nous promet plusieurs décennies de longévité. Aborder un thème aussi sensible suppose d’impliquer le spectateur et de l’amener à regarder sereinement ce travail. Fourmond a photographié, dans des maisons de retraite médicalisées, des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou simplement condamnés à la solitude. Dans ces lieux qui constituent un microcosme particulier fait de petites histoires intimes, les rapports entre les individus sont fondés sur un ensemble de règles mais aussi de soins et de protection. Emouvantes, les photos soulignent la fragilité et la dignité des êtres qui ont une attitude sans pathos face à l’objectif. Leur physionomie très expressive, par le seul fait d’être eux-mêmes, est bouleversante. L’état des lieux des murs peints de couleurs toniques ou pastelles, le registre de leurs activités quotidiennes, des portraits en apparence innocents, un dos, un profil dans la lumière d’une fenêtre, ou bien, brusquement, le regard effronté d’un homme qui semble s’abandonner à l’incertitude de la vie, composent une fresque où l’engagement du photographe répond aux attitudes personnelles et aux affinités de chacun.

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Ronan Guillou « Impressions ville »

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« Impressions ville » est le fruit de longues déambulations dans les rues de grandes villes américaines. Ces villes qui sont pour Ronan Guillou « l’unique matériau, intégrant pêle-mêle lignes, formes, couleurs et êtres humains ». Le photographe y réalisent des images prises sur le vif, sans mise en scène, guettant dans des lieux banals l’instant précis où un personnage surgit et s’inscrit involontairement dans une scénographie proche du discours cinématographique. Ces images séduisantes, impeccable usage de la lumière, des ombres et des couleurs, semblent plus vraies que nature. Dans le théâtre des rues, les murs, les façades ou les vitrines agissent comme autant de cadres pour le regard de l’observateur. Le temps est suspendu, le soleil inonde toute l’étendue de la photo, une lumière crue et implacable projette des ombres noires. La couleur est vibrante, éblouissante. Ce travail est une déclaration d’amour à la ville, possible lieu de rencontre des hommes et des femmes qui le plus souvent se croisent dans les rues, dans les restaurants, sans jamais se revoir. Le droit à vivre librement l’aventure urbaine.

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Fred Lebain « Bibliothèques »

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La proposition photographique de Lebain est riche d’éléments essentiels comme le jeu des apparences, la tromperie visuelle et la manipulation du spectateur. La simplicité apparente des choses est gommée par le geste transgresseur du photographe qui examine chez ses contemporains l’art et la manière de ranger leurs livres. “Notant le contenu (fonds et formes des livres) de différentes bibliothèques qu’il visite, il sculpte l’avatar de chaque livre dans sa matière première – le bois – et réordonne chacune d’entre elles avec ses nouveaux livres-objets, puis les photographie”. Ces images nous offrent un vrai-faux document sur des bibliothèques privées, autant qu’une réflexion sur la culture et sa représentation. Car il ne s’agit pas seulement de livres et de la manière de les ranger, mais d’un reflet autobiographique et personnel de leur propriétaire. Une transgression du photographe qui transcrit fidèlement la réalité d’une architecture fragile et éphémère.
Chaque photographie est légendée du titre d’un des livres choisi dans la bibliothèque.

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Diana Lui « Les Méduses »

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Née en Malaisie, résidant à Paris, Diana Luí, après avoir transité sur trois continents, a réalisé durant les quinze dernières années une série de portraits, beaux tirages en noir et blanc, intitulée “les Méduses”. Une étude sur les individus et leur adaptation aux changements récents du monde. “En photographiant les autres, je tente de faire ré-émerger les racines et les origines enfouies de cette génération hybride”. Comme ces créatures marines, les personnes photographiées démontrent qu’elles sont capables de s’adapter et d’évoluer dans un habitat de plus en plus contraignant. Les conditions de prises de vue longues et méticuleuses permettent une certaine complicité qui fait affleurer les contrastes intérieurs comme le trouble ou l’assurance, l’originalité ou la vulnérabilité. Les modèles offrent à l’objectif l’essence même de leur être comme individu unique figé quelques instants dans la vie quotidienne. Des rencontres faites d’imprévus, d’échanges qui dépassent les seules apparences.

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Olivier Nord « Découverte/Prise de possession »

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Depuis trois ans, Olivier Nord développe un projet photographique témoignant de l’urbanisation de la campagne française, une étude sur la présence humaine dans un paysage récemment métamorphosé. Il s’agit d’une topographie de lieux, d’espaces naturels ou urbains du territoire colonisé par un style de vie qui s’impose socialement et nous transforme individuellement. Une envie irrépressible de conformisme et de banalité. En regardant ces scènes de très loin, tout semble dérisoire. L’alignement des maisons construites sur un même modèle, à peu de distance les unes des autres, sur des terrains qui furent hier encore des champs, possède un surplus de réel. En parcourant les photographies d’Olivier Nord, nous apprécions sa maîtrise de la couleur et de la lumière, de la composition et du goût pour les détails mais aussi son besoin de documenter un changement d’usage du paysage : il n’hésite pas à installer sa chambre photographique en haute montagne ou en bord de mer dans des lieux précaires où la pression urbaine repousse encore plus loin notre besoin inhérent de nature -une nature belle mais domptée- et de liberté. Pourtant, le silence et la quiétude qui les habitent contribuent à créer une atmosphère de douceur, où la vie, figée un instant, devient image témoin de notre civilisation.

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Patrick Smith « Intra-Muros »

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Comment raconter l’absence, comment expliquer l’abandon ? Ces deux inquiétudes intimement liées sont présentes dans le projet “intra muros” de Patrick Smith. La série de photographies réalisées à Paris, durant l’hiver, sur les conditions de vie des personnes sans domicile fixe, décrit les anomalies d’une géographie urbaine, de différents espaces publics altérés par des éléments presque invisibles, des traces d’une réalité souvent ignorée qui constitue cependant l’essentiel des préoccupations personnelles et visuelles du photographe. Devant une série d’indices à peine discernables, le spectateur est confronté à une réalité métaphoriquement signifiée. Smith prend fait et acte, mais refuse de montrer une image dramatique ou une preuve de misérabilisme. Bien que dérangeantes, ces images ne racontent pas une histoire de misère mais sont plutôt des signes des aléas de la vie. Moulés, des fragments de vie sont juxtaposés à une architecture banale. Le mimétisme, où les reliques d’un habitat précaire se confondent avec le paysage, est une constante qui favorise la révélation de complicités mystérieuses entre des mondes généralement opposés.


© Textes Chantal Grande

février 13, 2008

Tim Hetherington wins World Press Photo award

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© Tim Hetherington


The international jury of the 51st annual World Press Photo Contest selected a color image of the UK photographer Tim Hetherington as World Press Photo of the Year 2007. The picture was taken 16 September 2007 and shows a US soldier resting at "Restrepo" bunker, named after a soldier from his platoon who was recently killed by insurgents.

The 2nd Battalion Airborne of the 503rd US infantry is undergoing a deployment in the Korengal Valley in the Eastern province of Afghanistan. The valley is infamous as the site of downing of a US helicopter and has seen some of the most intense fighting in the country. Hetherington's photograph is part of a picture story that was also awarded 2nd Prize in General News Stories. He had traveled to Afghanistan on assignment for Vanity Fair.

"This image represents the exhaustion of a man - and the exhaustion of a nation," says jury chairman Gary Knight, and adds "We're all connected to this. It's a picture of a man at the end of a line." Fellow juror MaryAnne Golon commented: "I use all my energy to have people notice bad things. There's a human quality to this picture. It says that conflict is the basis of this man's life."

World Press Photo

février 17, 2008

Gimpel, aventurier de l'image

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LE MONDE| 15.02.08 | 16h07

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Présentation de l'exposition "Léon Gimpel (1873-1948), les audaces d'un photographe" au Musée d'Orsay (Paris-7e), jusqu'au 27 avril 2008.


C'est un drôle de personnage, expérimentateur acharné et touche-à-tout infatigable, que redécouvre le Musée d'Orsay, à Paris, dans une passionnante exposition. Léon Gimpel (1873-1948) n'a pas laissé beaucoup de traces dans l'histoire de la photographie. Et, pourtant, ce photoreporter de la première heure, pionnier de la couleur et technicien hors pair, a témoigné de la Belle Epoque dans des formes d'une étonnante modernité.

Les 185 plaques de verre sélectionnées parmi son oeuvre, léguée à la Société française de photographie (SFP), disent autant son éclectisme que sa virtuosité. Pour obtenir la meilleure image, Léon Gimpel était capable de tout : de mettre au point une plaque ultrasensible pour photographier de nuit, comme de monter au sommet de Notre-Dame. Il a laissé derrière lui aussi bien des reportages d'actualité que d'incroyables vues colorées des illuminations parisiennes.
De cet original passionné, on sait peu de chose, à part ses origines juives alsaciennes. Ses Mémoires, réunis dans de beaux cahiers richement illustrés, content avec panache ses exploits photographiques. Mais ils ne livrent rien de sa vie intime. Et, même dans ses autoportraits, le photographe se dérobe avec humour : il s'est photographié au Palais des glaces, totalement déformé.

C'est au magazine L'Illustration, auquel il a collaboré pendant trente ans, que Léon Gimpel s'est surtout distingué. Pour sortir du lot des autres "correspondants", il a l'idée en 1909 de photographier les pionniers de l'aviation du haut d'un dirigeable. Les compositions qu'il livre sont radicales, quasiment abstraites. Elles font sensation. "L'une de ces images, reprise par le quotidien Le Matin, a été vue par des millions de personnes, souligne Thierry Gervais, l'un des commissaires. Elle a contribué à modeler la culture visuelle de l'époque." Avec la vue en plongée, Léon Gimpel inaugure son "style". Pour montrer les foules, les défilés, la tour Eiffel ou même un bus tombé dans la Seine, il cherchera toujours le point de vue capable de lui offrir une vision décalée de la scène.

LES DÉFIS TECHNIQUES
Mais les images les plus étonnantes de Gimpel sont en couleurs, qu'il tient pour la "huitième merveille du monde". C'est lui qui présente l'autochrome, procédé inventé par les Frères Lumière, dans les locaux de L'Illustration en 1907. Il s'en fait ensuite l'interprète virtuose, perfectionnant la technique pour l'adapter aux prises de vue instantanées ou nocturnes. Sa splendide série sur les néons qui ornent Paris dans les années 1920 est emblématique à la fois de son goût pour la modernité et pour les défis techniques.

Gimpel signe aussi des séries singulières, très éloignées du photoreportage : en collaboration avec des scientifiques, il réalise des vues colorées au microscope et de délicats portraits de champignons. En 1915, en pleine "drôle de guerre", il s'inspire des dessins de Poulbot pour fabriquer d'hilarantes mises en scène : munis de faux canons et d'avions en carton, les enfants de Montmartre miment sans complexe exécutions capitales et attaques aériennes.

Pourquoi l'oeuvre de Gimpel est-elle tombée dans l'oubli ? Sans doute parce que ses plaques de verre, adaptées aux projections, se prêtent peu aux expositions - à Orsay, les petits autochromes alignés en rang serré ne sont pas d'un accès facile. Et, contrairement à Atget ou Lartigue, ses contemporains, Léon Gimpel n'avait pas d'ambition artistique, il visait moins l'effet esthétique que l'exploit photographique. Ce qui n'enlève rien au charme de ses images.


Le Musée d'Orsay


I’ve come to believe that beauty can be a very powerful conveyor of difficult ideas.—Richard Misrach

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Richard Misrach: On the Beach

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For more than 30 years, Richard Misrach has been producing beautiful photographs of terrible subjects, focusing on man’s often disastrous effect on the earth.
His extended series Desert Cantos explores the American desert—fires and floods, military-scarred terrain, and pits of dead animals—in lush images.
With a sensitive eye attuned to color and a belief in the power of aesthetics to effect change, Misrach is a pioneer in color photography and one of the most important artists working today.


Richard Misrach. Untitled #696-05, 2005. Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco, Marc Selwyn Fine Art, and Pace/MacGill Gallery, New York.


Recently he has turned his camera to water, photographing beaches, the ocean, sunbathers, and swimmers from a godlike viewpoint high above. With no horizon line, the vast expanses of sand or water envelop the viewer with a strangely disorienting view. New digital technology has also made possible dramatically scaled prints, some as large as 6 x 10 feet. Depicting people as small, often isolated figures in an immense scene, the photographs remind us of the fragility and relative unimportance of humanity in the face of seemingly infinite nature. Instead of the beauty Misrach found in the desert, these powerful pictures partake of the sublime, producing astonishment, awe, and perhaps even terror.


Although sunny and colorful, these photographs are informed by the events of September 11, 2001. They evoke a postapocalyptic world; the title On the Beach explicitly references Nevil Shute’s Cold War novel about nuclear holocaust. In some images, individual poses reference hostages or people jumping from the World Trade Center buildings, while in others, lone figures or clinging couples appear to be the last people on the planet. This moving and powerful exhibition of more than 20 works is the first museum show of Misrach’s new series. On the Beach premieres at the Art Institute before embarking on a two-year tour that includes a stop at the National Gallery in Washington, D.C.


The Art Institute of Chicago

février 18, 2008

An instant classic

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© Gregory Valton

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© Franck Juery


The Polaroid was beloved of spies, pornographers, cops - and me, but for very different reasons
Mark Lawson, The Guardian, Friday February 15 2008

It's always a poignant moment when technology once cutting-edge begins to be edged out. Dealing recently with a company that still insists on taking orders by fax machine felt like being in one of those Edwardian shops where money and receipts pinged around the eaves in cylinders on wires. And now, this week, we read the obituaries of the Polaroid.

The special smelly, sticky film that made scenes and faces appear magically in your palm - or, in lower temperatures, under your armpit - will no longer be produced because cleaner, even quicker digital has stolen the market for instant images. As a mass medium, the technology was barely in its 40s, which means it outlived the fax and the VCR, but it still feels too soon.

While the news will be of most note to those who were born before the Polaroid was, the passing should be mourned by all who use technology because these rapid cameras heralded two of the governing obsessions of today's culture: immediacy and self-production.

At a time when digital photography has already made it routine for people to process and print their own photographs, this death brings back memories of the years in which - except for obsessives with their own dark-rooms - knowledge of what the family camera had captured could be delayed for weeks - or, when processing was at its most advanced, for at least an hour after you reached the shop. The Polaroid offered liberty from this dependence on professionals with chemicals: a vision that has been fulfilled only now by digital cameras and publication software.

And the fact that the Polaroid has been killed largely by digital photography seems cruel, because it was the older camera that inadvertently hinted at one of the main tricks of the newer ones: the possibility of manipulating the image. Although cameras had always been able to lie, the Polaroid proved a better fibber than most because the developing process meant that the image could be smudged or otherwise interfered with before becoming fixed. Again, this was a preview of what computers would do for shooting.

It's true that the democratisation of photography first offered by the Polaroid was not always, or perhaps even often, used benevolently. The opportunity to take pictures that no one outside the frame ever had to see was of most benefit to the secretive: pornographers, criminals, cops, spies.

Two of these uses came together in the 1963 case that brought the sci-fi-sounding brand name into the English language. The notorious divorce-court pictures of the "headless man" being given head by Margaret, Duchess of Argyll, were taken through this newest of viewfinders. The revelation in evidence that "the only Polaroid camera in the country had been lent to the Ministry of Defence" focused suspicion on the defence minister, Duncan Sandys.

As the cameras spread, they were widely used for private pornography, espionage and law enforcement, changing the speed of policing by creating instant records of events. The device also visibly changed crime and thriller fiction by ending the inevitable existence of two separate sets of images - negatives and prints - which had driven numerous blackmail and break-in plots.

My own favourite Polaroid is a twist on the emergency service purpose. Arriving in an unexpected rush, my daughter was born in a casualty department, an event rare enough for the doctors to capture it on the A&E's instant camera, a rare happy employment of an instrument kept to record assaults for use in evidence. That image - a child's first minute, able to be looked at in her second - is an example of the miracle these portraits could be. Indeed, the Polaroid helped to restore the sense of magic to photography by widening the spooky experience of seeing a piece of paper become a scene.

Artists, whose job is to create such materialisation, inevitably wanted one of these machines around their necks. It's little surprise that Andy Warhol - an artist who was obsessed with capturing the instant - proved to be the Michelangelo of the Polaroid, trigger-happily snapping himself and numerous acolytes over 20 years.

What Warhol liked about the cameras was their speed: it was the closest that photography got to the sketch. David Hockney, though, used the technology with most imagination, creating photo-montages from Polaroided pieces of a scene stuck together, which, because of the gap of at least seconds between the images, creates an image that seems to show a single moment but is composed from hundreds.

The only drawback of the Polaroid was that it offered the shooter no insurance equivalent to negatives or digital storage. Every shot was a one-off and, as it turned out, fragile. That hospital picture of my daughter has deteriorated to the extent that you would date it not in 1995 but a hundred years earlier. These pictures were not meant to last, and nor, it turns out, were the cameras. But, having begun the move of photography from the laboratory to the home, they deserve to be remembered for more than an instant.


Polaroid images on yourshot.eu

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